Au XVIIᵉ siècle, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) fut la première multinationale au monde et la première à émettre des actions¹.
Elle a révolutionné le commerce mondial, exerçant un pouvoir immense à travers les continents. Mais derrière ses cargaisons exotiques et son rayonnement impérial se cachaient des pratiques comptables douteuses, des valorisations d’actifs gonflées et des bulles spéculatives. Avec le temps, la corruption s’est installée et les opérations de l’empire se sont progressivement effondrées sous le poids d’une mauvaise gestion et de scandales², parmi d’autres facteurs.
Avançons jusqu’en 2020, lorsque l’Europe a été témoin d’un écho moderne de cette illusion corporative.
Wirecard, jadis fierté de la fintech allemande, promettait des paiements numériques fluides et une expansion mondiale. Pourtant, derrière des présentations aux investisseurs soignées et un cours de Bourse en plein essor se trouvait un trou noir de 2 milliards d’euros³. Les auditeurs ont été induits en erreur, les régulateurs ont tardé à réagir, et certains dirigeants ont disparu lorsque l’entreprise s’est effondrée dans le déshonneur⁴.
Séparées par plusieurs siècles, la VOC et Wirecard montrent comment l’innovation, qu’elle soit commerciale ou technologique, peut être instrumentalisée lorsque la supervision fait défaut. L’une vendait des épices et de la soie, l’autre vendait des rêves numériques. Toutes deux se sont soldées par une perte de confiance et des réputations brisées.
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Au Moyen Âge, les cartes du monde étaient réduites à leur plus simple expression, souvent dessinées sur des peaux d’animaux dont elles épousaient la forme. Leurs contours étaient nets, et les zones inexplorées marquées d’un avertissement mythique : hic sunt dracones — "ici, il y a des dragons".

En 1900, Paris dévoilait son plus grand spectacle : l’Exposition Universelle, une foire mondiale destinée à célébrer les triomphes du XIXᵉ siècle et à inaugurer une nouvelle ère pleine de promesses.

En 1666, alors que le Grand Incendie de Londres ravageait la ville pendant quatre jours, l’écrivain Samuel Pepys prit soin de protéger ses biens les plus précieux.

Clark Stanley était un herboriste et un charlatan américain qui vendait de l'huile de serpent aux cheminots et aux mineurs dans les foires de tous les États-Unis au début des années 1900.

En décembre 1977 sortait le film Saturday Night Fever. L’année suivante, les Bee Gees propulsèrent la chanson-titre en tête des classements aux États-Unis et au Royaume-Uni. Mais dès 1979, la vague disco s’essoufflait : costumes en polyester blanc, médaillons dorés et torses poilus devinrent objets de parodie.

Mesdames et messieurs, nous interrompons ce programme pour un bulletin spécial… » C’est par ces mots qu’en 1938 débuta l’un des épisodes les plus marquants de désinformation de masse.
[1] https://www.investopedia.com/ask/answers/08/first-company-issue-stock-dutch-east-india.asp
[3] https://markets.businessinsider.com/news/stocks/wirecard-scandal-numbers-financial-forensic-expert-breakdown-2020-6-1029332810
[4] https://novarkservices.com/wirecard-germanys-biggest-corporate-fraud-a-case-study-in-financial-deception-and-regulatory-failure/